
J’ai emprunté ce titre à Sören Kierkegaard (1813 – 1855), un de mes philosophes préférés, qui au demeurant reste assez méconnu, en comparaison par exemple à Karl Marx, Nietzsche, Sartre ou Comte (ces derniers sont français me dira-t-on).
Le philosophe danois s’est très vite rendu compte qu’il ne sert de lutter, ou tout au moins, tout le monde n’a point été pourvu des capacités le lutte. La brutalité de réalité humaine est un fait ! Dans sa beauté et sa splendeur, lorsqu’elle préfère la domination, la violence, l’accaparement au partage, la guerre à la paix, la haine à l’amour. Comme si la vie, le monde était un film (d’horreur ? Un drame ? Un film d’action où l’acteur soufre jusqu’à la dernière minute du film ?), et que ses plages publicitaires étaient les seuls vrais moments de joie de la vie. Et au milieu de tout ça, de la vie, l’angoisse, le trouble, le désespoir se dissimulent, se disséminent sournoisement mais assurément. Que l’on soit riche ou pauvre, geôlier ou prisonnier, jouisseur de la vie ou reclus, ou misanthrope, le désespoir, face à un monde insensé, insensible, injuste, est là, dans sa magnificence, aussi fier que jamais. Agissant sournoisement, s’insinuant insidieusement par des brèches dans les quotidiens, le désespoir est présent qu’on le veuille ou non, naissant ou se réveillant revêtu de diverses formes, entre angoisse, détresse, anxiété, affliction, chagrin, désarroi, tristesse, stress, etc. Trouver un remède au désespoir ? Il faut au préalable trouver le sens de la vie. La raison d’être du désespoir s’y loge sans doute. Sinon il reste aussi la possibilité de couvrir ce désespoir de couches de vernis et se dire que ça ira…un jour. Il existe diverses formes de vernies : les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, les imipraminiques et inhibiteurs de monoamine oxydase, etc.

Sinon, pour ceux qui ont cette chance, qui n’ont aucune chaine, encore moins de chaines sociales (cela dit, certains peuvent être enchainés sans même s’en rendre compte), il y aussi la possibilité de vivre en toute liberté en profitant du moindre moment de bonheur. Soyez libres, soyez vous-mêmes !
Au final, l’humain est comme piégé dans sa condition humaine, avec tout ce que cela comporte. Piégé à devoir faire des choix, piégé dans des injonctions sociales auxquelles, il se plie, donne son assentiment, acquisse, adhère. Piégé dans les jeux sociaux de déguisement, de changement de maques, de faux-semblants. Dans le grand ensemble d’humains, il y a ceux qui ne se posent pas ce type de question sur l’existence (ils n’en ont pas le temps ou ne veulent pas s’encombrer l’esprit), ceux qui se les posent et qui trouvent des moyens de vite les balayer, et ceux qui se posent ces questions et les affrontent, etc. Bien évidement, il n’y a pas que ces seules catégories. Et vous que faites-vous de vos questions existentielles ?


