On parle trop…

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Dans le tourbillon incessant de notre quotidien, où les mots fusent de toutes parts – au travail, en famille, avec les amis, et de manière omniprésente sur les réseaux sociaux – nous nous retrouvons submergés par une marée de paroles. Cette compulsion à remplir chaque silence semble trahir une peur profonde : celle du vide, de l’inaction, du non-dit. Mais au-delà de cette peur, le trop-plein de parole révèle une quête désespérée de sens dans une société en proie à plusieurs malaises liées à la parole et à la superficialité qu’elle autorise.

Le trop-parler comme fuite en avant

Notre époque est marquée par une surabondance d’informations et de communications. Derrière ce flot continu se cache souvent une tentative de fuir une réalité plus sombre : un sentiment de vide, d’isolement, voire de désespoir. Le besoin irrépressible de parler, de commenter, de réagir à tout instant semble être le symptôme d’une société qui, en manque de repères solides, cherche à se rassurer par la seule présence constante du bruit.

La parole, entre authenticité et superficialité

Dans ce flot de paroles, et la quête effrénée de pensées à partager, à discuter, la frontière entre l’authenticité et la superficialité devient de plus en plus floue. La parole, jadis vecteur de communication profonde et de partage de savoir, se dilue peu à peu dans un océan de banalités. Ce trop-plein de mots sans poids ni substance apparaît comme un miroir de notre malaise collectif : une société qui parle beaucoup, mais dit peu, une société qui écoute, mais n’entend pas.

Le silence comme acte de résistance

Le silence comme acte de résistance

Face à cette cacophonie, cette saturation verbale, le silence pourrait alors être perçu non pas comme un vide à craindre, mais comme un espace de résistance, de réflexion et de connexion plus authentique avec soi et avec les autres. Dans le silence, on se donne la possibilité de filtrer le bruit, de chercher et peut-être de trouver le sens qui nous fait défaut. Le silence offre un refuge contre la superficialité, un espace où la parole retrouve sa valeur, où chaque mot prononcé devient un acte chargé de signification.

Vers une communication plus significative

Il est nécessaire de questionner notre rapport à la parole et au silence. Peut-être devrions-nous aspirer à une forme de communication plus consciente, où parler moins mais mieux devient un idéal. En reconnaissant la valeur du silence, nous pouvons chercher à établir des connexions plus profondes et plus enrichissantes, où la parole sert véritablement à exprimer, à partager, et à tisser des liens significatifs.

Dans une société en quête de sens, apprendre à naviguer entre le dire et le non-dire, entre le bruit et le silence, pourrait être la clé pour retrouver une forme de sérénité collective. En embrassant le silence, nous nous donnons la chance de réfléchir sur ce qui est véritablement important, de redécouvrir l’art de la conversation et de réapprendre à communiquer de manière à enrichir véritablement nos vies et celles des autres.

Se libérer de l’exigence démesurée  

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Nous sommes pris dans un étau implacable de pression et d’exigence. Nous nous évertuons à donner le meilleur de nous-mêmes, mais hélas, nous ne parvenons souvent pas à reconnaître nos propres efforts et à nous accorder le répit nécessaire. Cependant, nous aspirons à recevoir reconnaissance et appréciation de la part des autres, ignorant parfois que ces précieuses récompenses doivent d’abord émaner de l’intérieur. 

La société dans laquelle nous évoluons est déjà empreinte d’une exigence dévorante, constamment à l’affût de résultats et de performances. Si, en plus de cela, nous nous astreignons à une rigueur excessive envers nous-mêmes, qui donc prendra la peine de nous accorder l’indulgence que nous méritons ? Nous nous plaçons ainsi dans une ornière néfaste, où chaque pas en avant est accueilli par une nouvelle demande d’excellence. 

Certes, lorsque nous nous fixons des objectifs, il est indispensable de faire preuve de discipline et de rigueur pour les atteindre. Mais nous devons prendre garde à ne pas sombrer dans un état d’exigence perpétuelle, comme si notre valeur dépendait uniquement de nos résultats et de notre performance. Nous pouvons envisager l’exigence comme un mode que nous activons à bon escient, mais il est tout aussi crucial de savoir le désactiver de temps à autre, pour accorder à notre esprit et à notre être un précieux instant de répit. 

Dans cette course effrénée vers l’excellence, il est essentiel de nous rappeler les enseignements des grands penseurs de l’histoire. Les philosophes nous rappellent que la quête de la perfection est souvent une chimère illusoire, nous invitant plutôt à embrasser l’imperfection inhérente à notre condition humaine. Ils nous rappellent que le véritable épanouissement réside dans l’acceptation de soi, dans la bienveillance envers nos propres imperfections et dans la reconnaissance de nos efforts, même s’ils ne mènent pas toujours à des résultats spectaculaires. 

En prenant conscience de notre tendance à nous imposer une pression excessive, nous pouvons commencer à nous libérer des chaînes de l’exigence démesurée. Apprenons à nous accorder des moments de douceur et de bienveillance envers nous-mêmes, où nous pourrons célébrer nos progrès, même modestes, et reconnaître la valeur de notre engagement et de notre persévérance. Ce n’est qu’en nous octroyant cette reconnaissance intérieure que nous pourrons véritablement savourer les fruits de nos efforts, indépendamment du regard des autres. 

Il est temps de reconsidérer notre relation à l’exigence, de la tempérer avec une dose de sagesse et d’humanité. N’oublions pas que derrière chaque réussite se cachent des erreurs, des essais infructueux et des moments de doute.  

Peur de l’évolution sociotechnique ?

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Les chercheurs ont toujours été intéressés par les thématiques liées à l’évolution sociale, culturelle, économique et technologique. Mais très peu s’intéressent à l’angoisse, l’inquiétude et la peur comme réponses émotionnelles face à cette évolution (technologique, sociale et humaine). Car oui, il y a des personnes qui sont inquiètes face à la tournure que prend cette évolution. Et puis, le changement n’induit pas forcément le progrès, de même que l’évolution est visible aussi bien dans la médiocrité que l’excellence…

J’ai peur, je suis inquièt et je me pose des questions sur les dérives comportementales observées sur les réseaux sociaux. Est-ce la résultante des effets de ces outils sur les utilisateurs ? Ou alors les réseaux sociaux révèlent simplement le devil inside chacun ? Entre la récurrence du déferlement de haine et de violence, l’inexplicable attrait pour les images de violence, de haine et de souffrance, ou encore la fin de la vie privée avec à la clé une exacerbation du besoin de de se montrer en permanence, il est tentant de se demander où tout cela va nous mener.

Cela étant, il y a encore, tout de même, un petit nombre qui se refuse à ces dérives alléchantes en optant pour le refus de spectaculariser sa vie privé ou même de céder aux pulsions  aux bas instincts sur les réseaux sociaux. Cependant, une injonction induite à être sur les réseaux sociaux plane perpétuellement au dessus de notre environnement relationnel.

Finalement, les réseaux sociaux ont, semble-t-il, été pensés pour rapprocher et sociabiliser les gens par une communication plus rapide, exempt de barrières géographiques. Mais j’ai juste l’impression qu’on assiste à tout le contraire : les rencontres physiques sont substituées aux échanges vidéos, chacun a désormais les yeux rivés sur son écran, plus intéressé par ce qui se passe ailleurs qu’autour de soi. La construction identitaire semble se faire de plus en plus via les réseaux sociaux, au risque d’une coupure avec le monde réel.

Finalement, le projet initial de création du lien proposé par les réseaux sociaux est-il une réussite ? Dans un contexte où  la solitude n’a jamais atteint des records aussi élevé ?…

Ce n’est que mon point de vue, certainement biaisé par mes inquiétudes (fondées ou pas) au sujet de l’évolution sociotechnique, notamment le cas des réseaux sociaux.

Franck

WTF !

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Conasse, sorcière, pétasse, sale pute, arnaqueuse, fille de pute, croqueuse de diamants, diablesse… Voilà où nous en sommes aujourd’hui ! Ce sont ces messages injurieux que je reçois depuis quelques heures. Par où commencer ? Par le début évidemment.

Au commencement, une randonnée…

Tout a commencé un samedi matin du mois de novembre 2017. Je faisais une randonnée tranquille, solitaire et surtout apaisante. Mon itinéraire m’obligeait quelques fois à sortir des sentiers pour traverser la route et me faufiler entre des petits quartiers. Lors d’une de ces traversée un homme s’approche de moi, l’air perdu, et me demande en anglais où il pourrait trouver un supermarché. Je lui indique le chemin environ 5 min à pieds et lui dis que c’est sur mon chemin. Pendant le trajet il m’explique qu’il vient juste d’arriver en France (2 jours), pour le travail (banquier) et qu’il galère pour parler aux gens, trouver des lieux et se déplacer en transports. Lorsqu’on arrive au supermarché, il me propose d’échanger nos numéros et me demande de l’aider en lui fournissant quelques renseignements de temps en temps. Ce que j’accepte avec bienveillance. Le soir même, il m’envoie des messages et me dit à quel point il est très heureux de m’avoir rencontrée.   Une semaine après, il me supplie de l’accompagner, quand j’ai du temps, faire des visites touristiques et l’aider à découvrir la Région. J’avais un peu de temps et je me suis dit pourquoi pas.hiking-in-brush_925x

Puis un flirt…

Pendant les 4 semaines de visites qui s’en sont suivies, il y a eu 2 semaines de flirt, quelques baisers par-ci par-là. Mais je n’étais pas du tout à l’aise parce que j’étais (je suis) encore amoureuse de mon ex (amour quand tu nous tiens). J’ai rapidement pris mes distance pour éviter toute attache, non sans lui avoir expliqué que j’étais encore amoureuse de mon ex et que je n’étais pas prête à entamer une nouvelle relation. Il m’a répondu qu’il était déjà amoureux mais qu’il comprenait et allait essayer de rencontrer d’autres personnes. Il  a insisté sur le fait que nous devions néanmoins rester amis. Il m’appelait et m’envoyait des sms tous les jours. Je l’évitais de plus en plus en espérant que ça l’aide à m’oublier, mais il insistait, ré-insistait et persistait. En décembre il m’a suppliée de venir voir ses parents en visite en France, ce que j’ai gentiment décliné.

Qui vire au cauchemar…

En janvier il  est revenu à la charge, arguant qu’il pense tous les jours à moi. Je lui ai répondu que ça va lui passer. Deux semaines après il m’informe qu’il a rencontré une femme et qu’ils se sont mis ensemble. Je l’ai félicité et encouragé à s’investir dans cette relation. C’était une bonne nouvelle pour moi (ouf !). Je croyais être libérée, délivrée (lol), mais ça n’a duré que quelques jours. La semaine d’après il m’envoie un message vers minuit (je suis une couche-tard) et me dit qu’il pense à moi pendant qu’il fait l’amour avec sa copine. Purée !!! WTF ! Le pire c’est qu’il ne s’arrête pas là. Il me demande d’être sa maitresse, sa deuxième copine. J’étais stupéfaite, puis morte de rire et dégoutée par la suite. Je l’ai envoyé balader et lui ai dit d’apprendre à respecter les femmes (sa copine et moi). Il s’est confondu en excuses et m’a dit qu’il était saoul.  Quelques jours plus tard, il m’annonce qu’il a rompu et qu’il est toujours fou de moi.

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Ponctué par un chantage au suicide…

Tous les jours j’avais droit à pléthore de messages du genre « Je suis fou de toi », « je ne peux pas vivre sans toi », « Je peux te donner tout ce que tu veux », « je vais t’acheter la nouvelle Land Rover » (lol). J’essayais à chaque fois de rester polie et de le rassurer qu’il trouvera bien quelqu’une. Mais il ne voulait rien entendre. Début mars, il commence à me dire qu’il va se suicider. Je lui conseille de voir un psy. Il refuse et continue ses menaces de suicide. Je reste tranquille. Quelques jours après, il me dit qu’il a vu un médecin et qu’il va mieux grâce aux antidépresseurs.  Il ajoute qu’il y a du nouveau dans sa vie et qu’il a plein de choses à me raconter, et me supplie d’accepter une rencontre. Très hésitante, je lui accorde quand-même cette entrevue de 30 min, en veillant à ce que ce soit en plein jour (14h) et dans un endroit public. Finalement il voulait juste me dire en face qu’il est toujours amoureux et qu’il est prêt à me donner tout ce que je veux… Je lui explique à nouveau que je suis encore amoureuse de mon ex. Il me dit qu’il a compris et qu’il avait juste besoin de me l’entendre dire de vive voix et face à face. Il me propose de me raccompagner en voiture. J’ai fait l’erreur d’accepter. Merde ! Sur la route il a carrément menacé de nous tuer tous les 2 en fonçant sur un arbre à toute vitesse. J’ai eu très peur, mais je suis restée calme. Il s’est calmé et s’est confondu en excuses. Et ça, c’était hier…

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Et finalement des injures et menaces

Ce matin à 6h, je reçois un message dans lequel il me demande quelle est ma réponse finale après tout ce qu’il m’a dit la veille. Je lui dis que je n’ai pas changé d’avis. Non c’est non. Il me somme alors de lui rembourser tout ce qu’il a « dépensé pour moi », notamment les tickets d’entrée dans les lieux touristiques et les restos. Il dit qu’il a fait le calcul et le montant s’élève à plus de 500 euros. Il ajoute qu’il est ouvert à tout type de négociation. Non mais WTF ! Je lui rappelle que c’est lui qui insistait à chaque fois pour payer et que je ne lui ai jamais rien demandé. Il me dit qu’il me donne une semaine, sinon ça va mal finir pour moi. Je décide de rester tranquille, une fois de plus. Au bout de quelques minutes, j’ai commencé à recevoir pléthore de messages injurieux et menaçants.

Tout ça à cause d’un flirt de 2 semaines il y a 5 mois…

Qui vivra verra !

Trinity

De la danse à la transe

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Un vendredi soir, je rentrais d’une soirée salsa quelque part en île de France. Il faut souligner que la danse est une activité qui procure un plaisir aussi envoûtant qu’inouï… Dans le métro, je m’amusais comme d’hab à observer l’environnement autour de moi, et par ailleurs les micro-expressions des visages (chacun ses divertissements lol). J’ai aperçu une jeune femme singulièrement affalée sur un siège pas loin de moi. Je me disais alors qu’elle est peut-être soûle ou simplement fatiguée. Ce qui a davantage attiré mon attention c’est la présence, à environ un mètre d’elle, de deux jeunes hommes qui ne la quittaient pas des yeux.

Par inquiétude ou transposition de mes propres peurs, je me suis subtilement approchée d’elle et lui ai demandé si tout allait bien. Elle m’a répondu qu’elle est complètement dans les vapes et a l’impression qu’on a versé quelque chose dans son verre (elle parlait lentement et difficilement). Puis elle a ajouté qu’elle a des sensations d’étourdissement, de vertige et de fatigue. Lorsque je lui ai demandé si je peux contacter un membre de sa famille, elle s’est rendu compte qu’elle avait perdu son sac et toutes ses affaires. C’est à ce moment qu’elle s’est également rendu compte qu’elle avait de plus en plus du mal à se rappeler des événements précédents.

Tout à coup, les deux hommes se sont rapprochés et m’ont dit que tout allait bien, qu’ils « gèrent la situation ». Sauf qu’elle a attrapé ma main avec le peu de force qui lui restait. J’ai senti mon cœur battre tel des percussions de samba et batucada au Carnaval de Rio. Je n’avais que quelques secondes pour réfléchir et prendre une décision. Puis tout à coup, en levant les yeux j’ai aperçu l’inscription « signal d’alarme » sur un fond jaune (je ne l’avais jamais remarquée auparavant). Au-dessus, il y avait une poignée. Je l’ai regardée, j’ai regardé le monde qu’il y avait dans le métro, j’ai regardé le sol (sans voir), j’ai regardé la jeune femme, puis je me suis levée et je l’ai actionnée, la fameuse poignée. Je précise qu’après l’avoir tirée je suis rapidement revenue m’asseoir par peur des engueulades. Je n’y ai d’ailleurs pas échappé ; précaution inutile. Lorsque le métro s’est arrêté j’ai très vite fait d’aller à la rencontre du conducteur et pour lui expliquer la situation. Il a tout de suite appelé le 15 et nous avons bien expliqué la situation. En 5 minutes les équipes de secours étaient là et devinez quoi ? Les deux mecs avaient disparu !

Il y a des jours où on n’a rien à envier aux suspenses des films…