Beauté de l’humanité ?

Image

J’allais à un séminaire à Lille dans les hauts de France. En raison de la grève, je n’ai pas pu avoir un train à un prix raisonnable, et j’étais aussi un peu fauchée… J’ai donc opté pour un bus. Le départ était prévu pour 12h30. J’avais 45min de trajet au total de chez moi à la gare. Je suis partie très tôt de chez moi,  à 11h, histoire de prévoir les imprévus. Mais comme par hasard, les transports avaient tous un problème ; malaise voyageur, incident technique ou tout simplement retard. Résultat : je me suis retrouvée en train de courir comme une folle entre deux transports, complètement paniquée et paumée. Je priais toutes les divinités que je connais, de Bouddha à Jésus, en passant par Zeus. (Chers stress et panique, vous m’avez bien eue ! Lol)

Finalement, après une course devant laquelle même Hussein Bolt se serait incliné, j’ai fini par rattraper mon bus qui était déjà en train de sortir de la gare. Je crié, sauté, gesticulé en agitant mes bras dans tous les sens, tout en remarquant à quel point les spectateurs étaient à la fois éberlués, tordus de rire et saisis de pitié. Le chauffeur s’est finalement arrêté, tordu lui de rire lui aussi.

AdobeStock_447285317

Ouf ! J’entre alors dans le bus, les places sont presque toutes occupées. Normal, c’est un jour de grève. Je repère une place, près d’une dame aux cheveux blonds et mi- longs, de petite de taille et à l’ossature forte. J’arrive devant elle, elle retourne sa tête de l’autre côté. J’ai même eu peur qu’elle attrape un torticolis. Vu qu’elle avait posé son sac sur le siège, je lui demande gentiment « bonjour madame, puis-je ? ». Elle me répond dans une logorrhée de français approximatif que je n’ai qu’à chercher une autre place, ajoutant qu’il n’y a pas que cette place-là. Je suis restée figée, je cru n’avoir pas bien bien entendu. Comme pour me faire comprendre qu’elle refuse de tout son être que je m’asseye à cette place, elle a posé sa veste et d’autres affaires au dessus de son sac qui était sur le siège. Et tous les passagers étaient… muets. Le conducteur a assisté à la scène, juste derrière moi, et il n’a pas dit un mot. Pire, il m’a dit de m’écarter du chemin parce qu’il voulait compter le nombre de passagers ! Et moi j’étais là, seule dans mon film, sidérée, figée, cherchant à comprendre ce qui venait de se passer.  Pauvre de moi…

african little girl full body cartoon portrait of pretty african

Un passager soudain saisi de pitié pour moi m’a « autorisée » (puisqu’il s’agissait finalement d’autorisation) à m’assoir sur le siège près de lui. Et une seule phrase m’est venue en tête et peut-être aussi aux lèvres : « et Dieu créa l’humain ».

Après un court moment de réflexion, le temps de digérer les choses, je me suis dit qu’il ne faut pas permettre à une personne désagréable et méprisante, qui semble être pleine de frustrations et de limitations (faut que je me lâche), d’oublier qu’il existe quand même de belles personnes dans ce monde.