Beauté de l’humanité ?

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J’allais à un séminaire à Lille dans les hauts de France. En raison de la grève, je n’ai pas pu avoir un train à un prix raisonnable, et j’étais aussi un peu fauchée… J’ai donc opté pour un bus. Le départ était prévu pour 12h30. J’avais 45min de trajet au total de chez moi à la gare. Je suis partie très tôt de chez moi,  à 11h, histoire de prévoir les imprévus. Mais comme par hasard, les transports avaient tous un problème ; malaise voyageur, incident technique ou tout simplement retard. Résultat : je me suis retrouvée en train de courir comme une folle entre deux transports, complètement paniquée et paumée. Je priais toutes les divinités que je connais, de Bouddha à Jésus, en passant par Zeus. (Chers stress et panique, vous m’avez bien eue ! Lol)

Finalement, après une course devant laquelle même Hussein Bolt se serait incliné, j’ai fini par rattraper mon bus qui était déjà en train de sortir de la gare. Je crié, sauté, gesticulé en agitant mes bras dans tous les sens, tout en remarquant à quel point les spectateurs étaient à la fois éberlués, tordus de rire et saisis de pitié. Le chauffeur s’est finalement arrêté, tordu lui de rire lui aussi.

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Ouf ! J’entre alors dans le bus, les places sont presque toutes occupées. Normal, c’est un jour de grève. Je repère une place, près d’une dame aux cheveux blonds et mi- longs, de petite de taille et à l’ossature forte. J’arrive devant elle, elle retourne sa tête de l’autre côté. J’ai même eu peur qu’elle attrape un torticolis. Vu qu’elle avait posé son sac sur le siège, je lui demande gentiment « bonjour madame, puis-je ? ». Elle me répond dans une logorrhée de français approximatif que je n’ai qu’à chercher une autre place, ajoutant qu’il n’y a pas que cette place-là. Je suis restée figée, je cru n’avoir pas bien bien entendu. Comme pour me faire comprendre qu’elle refuse de tout son être que je m’asseye à cette place, elle a posé sa veste et d’autres affaires au dessus de son sac qui était sur le siège. Et tous les passagers étaient… muets. Le conducteur a assisté à la scène, juste derrière moi, et il n’a pas dit un mot. Pire, il m’a dit de m’écarter du chemin parce qu’il voulait compter le nombre de passagers ! Et moi j’étais là, seule dans mon film, sidérée, figée, cherchant à comprendre ce qui venait de se passer.  Pauvre de moi…

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Un passager soudain saisi de pitié pour moi m’a « autorisée » (puisqu’il s’agissait finalement d’autorisation) à m’assoir sur le siège près de lui. Et une seule phrase m’est venue en tête et peut-être aussi aux lèvres : « et Dieu créa l’humain ».

Après un court moment de réflexion, le temps de digérer les choses, je me suis dit qu’il ne faut pas permettre à une personne désagréable et méprisante, qui semble être pleine de frustrations et de limitations (faut que je me lâche), d’oublier qu’il existe quand même de belles personnes dans ce monde.

Le mystère de l’amour

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L’amour, dans le sens des relations amoureuses, est un véritable mystère. À l’instar de l’existence, l’étrangeté du fonctionnement de l’amour semble au-delà de ce que l’esprit humain peut concevoir. Les relations amoureuses sont d’une complexité insolente. Mais cela n’empêche pas que lorsqu’elles sont réussies, bien menées, qu’il y a de l’entente et de la complicité, elles engendrent un bonheur exquis. Reste que cela n’est pas le cas à chaque fois, et plus encore, c’est loin d’être le cas pour tout le monde. Il y a donc une forme d’inégalité en ce qui concerne l’amour. Certains trouvent l’amour d’un coup, d’autres n’en trouvent jamais, certains poursuivent ceux qui ne les aiment pas et rejettent ceux qui les aiment, et d’autres voient leurs relations se solder par des échecs traumatisants. Alors que faire ? Comment savoir qui est la bonne personne sans essayer, et donc prendre le risque d’essuyer une déception ? Comment trouver l’amour in fine ?

Du désespoir

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J’ai emprunté ce titre à Sören Kierkegaard (1813 – 1855), un de mes philosophes préférés, qui au demeurant reste assez méconnu, en comparaison par exemple à Karl Marx, Nietzsche, Sartre ou Comte (ces derniers sont français me dira-t-on).  

Le philosophe danois s’est très vite rendu compte qu’il ne sert de lutter, ou tout au moins, tout le monde n’a point été pourvu des capacités le lutte. La brutalité de réalité humaine est un fait ! Dans sa beauté et sa splendeur, lorsqu’elle préfère la domination, la violence, l’accaparement au partage, la guerre à la paix, la haine à l’amour. Comme si la vie, le monde était un film (d’horreur ? Un drame ? Un film d’action où l’acteur soufre jusqu’à la dernière minute du film ?), et que ses plages publicitaires étaient les seuls vrais moments de joie de la vie. Et au milieu de tout ça, de la vie, l’angoisse, le trouble, le désespoir se dissimulent, se disséminent sournoisement mais assurément. Que l’on soit riche ou pauvre, geôlier ou prisonnier, jouisseur de la vie ou reclus, ou misanthrope, le désespoir, face à un monde insensé, insensible, injuste, est là, dans sa magnificence, aussi fier que jamais. Agissant sournoisement, s’insinuant insidieusement par des brèches dans les quotidiens, le désespoir est présent qu’on le veuille ou non, naissant ou se réveillant revêtu de diverses formes, entre angoisse, détresse, anxiété, affliction, chagrin, désarroi, tristesse, stress, etc. Trouver un remède au désespoir ? Il faut au préalable trouver le sens de la vie. La raison d’être du désespoir s’y loge sans doute. Sinon il reste aussi la possibilité de couvrir ce désespoir de couches de vernis et se dire que ça ira…un jour. Il existe diverses formes de vernies : les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, les imipraminiques et inhibiteurs de monoamine oxydase, etc.  

Sinon, pour ceux qui ont cette chance, qui n’ont aucune chaine, encore moins de chaines sociales (cela dit, certains peuvent être enchainés sans même s’en rendre compte), il y aussi la possibilité de vivre en toute liberté en profitant du moindre moment de bonheur. Soyez libres, soyez vous-mêmes !

Au final, l’humain est comme piégé dans sa condition humaine, avec tout ce que cela comporte. Piégé à devoir faire des choix, piégé dans des injonctions sociales auxquelles, il se plie, donne son assentiment, acquisse, adhère. Piégé dans les jeux sociaux de déguisement, de changement de maques, de faux-semblants. Dans le grand ensemble d’humains, il y a ceux qui ne se posent pas ce type de question sur l’existence (ils n’en ont pas le temps ou ne veulent pas s’encombrer l’esprit), ceux qui se les posent et qui trouvent des moyens de vite les balayer, et ceux qui se posent ces questions et les affrontent, etc. Bien évidement, il n’y a pas que ces seules catégories. Et vous que faites-vous de vos questions existentielles ?

Des erreurs et des remords

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Les erreurs ne se révèlent dans leur clarté que lorsqu’elles sont accomplies. Dit autrement, on prend pleinement la mesure d’une erreur, on sait que l’on a fait une erreur seulement lorsqu’elle est déjà réalisée. Que faire des erreurs qui induisent des remords et une culpabilité inextinguibles ? Se dire qu’on ne recommencera pas ? Pas si simple. On a beau se dire, se convaincre que les remords ne doivent pas être, ne doivent pas naître, encore moins s’épanouir, mais rien n’y fait. Que nenni ! Les remords sont le plus souvent d’une ténacité implacable. La boule au ventre subsiste, persiste, insiste. Ah sacrés remords !…

L’insulte, un échec de communication

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Les récents incidents (rixes) dans les aéroports et les plages ont remis la question de la violence verbale et physique au goût du jour. Au regard de ma fâcheuse tendance à réfléchir sur tout et sur rien, allant de la matière noire à la sexualité des escargots, c’est tout naturellement que les réflexions sur la violence se sont bousculées dans ma tête.

Sans vouloir prendre le risque d’affirmer que chacun a déjà été insulté au moins une fois dans sa vie, ne sait-on jamais, je préfère nuancer en avançant que chacun connait dans son entourage au moins une personne qui a déjà fait l’objet d’insultes.

L’insulte est cette parole offensante proférée dans le but assumé de blesser l’autre. Certaines personnes en sont véritablement offensées. D’autres le sont beaucoup moins et parfois pas du tout. Pour ma part, je reste généralement impassible devant une insulte. Au contraire, je plains ces personnes qui insultent, car je considère cet acte comme un échec, un échec de communication avec soi et avec l’autre.

  • Insulter c’est échouer dans la communication avec l’autre ; c’est manquer à son devoir d’écoute, d’observation et d’attention. Frapper, vociférer et insulter c’est renoncer à la communication ; c’est échouer volontairement, même si on veut s’en convaincre du contraire en pointant du doigt les pulsions.
  • Insulter c’est échouer dans la communication avec soi, dans le dialogue avec ses instances psychiques : le ça, le moi et le surmoi. L’humain est un primate, c’est un fait. Mais il est un primate différent en ceci qu’il est doté d’une extraordinaire intelligence, d’une raison, et d’une capacité à conceptualiser les choses complexes ainsi qu’à se projeter dans l’avenir. Outres ces multiples qualités l’humain a su développer une grande diversité de codes et de moyens de communication. Insulter et user de la violence sur l’autre reviennent en quelque sorte à balayer d’un revers de la main tous ces éléments qui nous différencient des animaux sauvages.

  • L’insulte et la violence montrent la faiblesse et l’échec de leur auteur qui, n’ayant pas pu et su communiquer, a fui au fond de lui pour céder la place au primitif, au bestial, au sauvage et au barbare. Alors qui est le plus à plaindre ? L’auteur de l’insulte ou la personne insultée ?

À rebours d’une (pseudo) leçon de morale, ce propos, qui n’engage que son auteur n’est qu’une réflexion personnelle sur les processus à l’œuvre dans l’exercice de la violence, verbale ou physique.

La violence physique ou verbale gratuite est un échec de communication, avec soi et avec l’autre.

Franck