Et si la réussite de sa vie n’avait rien à voir avec la vie elle-même ?

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Depuis notre enfance, nous sommes nombreux à avoir été bercés par l’idéal de « réussir sa vie ». Cela implique souvent de gagner de l’argent, d’avoir une famille, des enfants, etc. Cependant, au fil de mes réflexions et crises existentielles, je me suis interrogée : le concept de réussite a-t-il réellement un lien avec l’essence de la vie ? Il semble que ceux qui cherchent à réussir à tout prix leur vie risquent paradoxalement de passer à côté de leur vie. Obsédés par divers objectifs, ils oublient de vivre.

On réussit une compétition, on réussit à décrocher un contrat, on réussit un Tiramisu. Mais peut-on vraiment « réussir » la vie ? Comment mesurer une telle réussite ? À mon sens, la vie se vit, tout simplement. La vie, ne se réduit pas aux conditions que nous nous imposons pour la considérer comme réussie. Il faut atteindre tel objectif, posséder telle chose, fonder une famille, se marier, accumuler de l’argent, investir, acheter une maison… La liste est interminable. Pourquoi tant de pression et d’injonctions ? Devrions-nous vraiment établir autant de conditions pour simplement vivre ? Une vie pourtant en perpétuel mouvement, ponctuée d’imprévus, vécue par chacun à sa manière ?  Peut-être que vivre ne signifie pas vivre pour quelque chose en particulier. La vie pourrait être tout à la fois sa propre raison d’être, son propre processus et sa propre finalité.

Cette réflexion n’est pas un hymne à la médiocrité, ni au renoncement à toute ambition ou compétition. Elle ne prône pas l’inaction ou l’absence de réussite. C’est plutôt une invitation à repenser la vie non comme un concours à gagner, mais comme une expérience à embrasser pleinement. Il n’y a pas de « réussite » de la vie, il y a simplement la vie. La réussite, elle, concerne d’autres domaines.

Comme Henry David Thoreau (Walden, 1854), Je veux « vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie. »

Je refuse de découvrir, à l’heure de ma mort, que je n’ai pas vécu.

On parle trop…

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Dans le tourbillon incessant de notre quotidien, où les mots fusent de toutes parts – au travail, en famille, avec les amis, et de manière omniprésente sur les réseaux sociaux – nous nous retrouvons submergés par une marée de paroles. Cette compulsion à remplir chaque silence semble trahir une peur profonde : celle du vide, de l’inaction, du non-dit. Mais au-delà de cette peur, le trop-plein de parole révèle une quête désespérée de sens dans une société en proie à plusieurs malaises liées à la parole et à la superficialité qu’elle autorise.

Le trop-parler comme fuite en avant

Notre époque est marquée par une surabondance d’informations et de communications. Derrière ce flot continu se cache souvent une tentative de fuir une réalité plus sombre : un sentiment de vide, d’isolement, voire de désespoir. Le besoin irrépressible de parler, de commenter, de réagir à tout instant semble être le symptôme d’une société qui, en manque de repères solides, cherche à se rassurer par la seule présence constante du bruit.

La parole, entre authenticité et superficialité

Dans ce flot de paroles, et la quête effrénée de pensées à partager, à discuter, la frontière entre l’authenticité et la superficialité devient de plus en plus floue. La parole, jadis vecteur de communication profonde et de partage de savoir, se dilue peu à peu dans un océan de banalités. Ce trop-plein de mots sans poids ni substance apparaît comme un miroir de notre malaise collectif : une société qui parle beaucoup, mais dit peu, une société qui écoute, mais n’entend pas.

Le silence comme acte de résistance

Le silence comme acte de résistance

Face à cette cacophonie, cette saturation verbale, le silence pourrait alors être perçu non pas comme un vide à craindre, mais comme un espace de résistance, de réflexion et de connexion plus authentique avec soi et avec les autres. Dans le silence, on se donne la possibilité de filtrer le bruit, de chercher et peut-être de trouver le sens qui nous fait défaut. Le silence offre un refuge contre la superficialité, un espace où la parole retrouve sa valeur, où chaque mot prononcé devient un acte chargé de signification.

Vers une communication plus significative

Il est nécessaire de questionner notre rapport à la parole et au silence. Peut-être devrions-nous aspirer à une forme de communication plus consciente, où parler moins mais mieux devient un idéal. En reconnaissant la valeur du silence, nous pouvons chercher à établir des connexions plus profondes et plus enrichissantes, où la parole sert véritablement à exprimer, à partager, et à tisser des liens significatifs.

Dans une société en quête de sens, apprendre à naviguer entre le dire et le non-dire, entre le bruit et le silence, pourrait être la clé pour retrouver une forme de sérénité collective. En embrassant le silence, nous nous donnons la chance de réfléchir sur ce qui est véritablement important, de redécouvrir l’art de la conversation et de réapprendre à communiquer de manière à enrichir véritablement nos vies et celles des autres.

Mon Chemin vers la Liberté

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Chaque jour, je fais un pas de plus sur le chemin du stoïcisme, une philosophie ancienne qui m’enseigne la liberté ultime. L’une des leçons que j’en tire consiste à ne rien attendre des autres. Pourquoi? Parce que mes plus grandes déceptions sont nées de mes attentes envers autrui.

Mon Voyage d’Acceptation

Longtemps, j’ai attendu que les autres se comportent comme je le voulais. Qui étais-je pour exiger un tel changement de leur part? J’ai compris qu’il était temps de modifier ma façon d’interagir et de me comporter avec eux, au lieu d’espérer qu’ils changent. Ce simple changement de perspective m’a ouvert la porte vers une véritable liberté, celle de prendre la vie comme elle vient, sans essayer de la contrôler.

La Saveur de Chaque Instant

Aujourd’hui, je choisis de vivre et de savourer chaque petit moment de plaisir. Je ne veux plus exiger des autres; je veux m’adapter à leur être, du moins dans la mesure de ce qui m’est possible. En n’attendant rien, chaque interaction devient une occasion d’apprécier la vie telle qu’elle est, sans déception ni frustration.

L’Art de Lâcher Prise

Si le comportement de l’autre est au-delà de ce que je peux accepter, je choisis de laisser tomber et de prendre un autre chemin. J’ai appris que je n’ai pas besoin de courir après les gens; j’ai besoin de cette énergie pour moi, pour ma santé mentale, pour mon bien-être.

Les Routes de la Vie

J’accepte que la vie soit faite de routes qui se croisent et se séparent. Certaines personnes chemineront avec moi, tandis que d’autres prendront d’autres voies. C’est ainsi. Peut-être que nos routes se recroiseront un jour, et nous marcherons ensemble, pendant un temps ou pour toujours. Quoi qu’il en soit, je marche avec sérénité, regardant droit devant moi.

Aujourd’hui, mon voyage stoïcien m’a appris à embrasser la vie avec tout ce qu’elle offre, les hauts comme les bas. J’accepte et j’accueille chaque expérience, sachant que mon bonheur et ma paix intérieure résident dans l’art de lâcher prise et d’accepter ce qui est, sans attente ni exigence envers les autres. Advienne que pourra.

Se libérer de l’exigence démesurée  

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Nous sommes pris dans un étau implacable de pression et d’exigence. Nous nous évertuons à donner le meilleur de nous-mêmes, mais hélas, nous ne parvenons souvent pas à reconnaître nos propres efforts et à nous accorder le répit nécessaire. Cependant, nous aspirons à recevoir reconnaissance et appréciation de la part des autres, ignorant parfois que ces précieuses récompenses doivent d’abord émaner de l’intérieur. 

La société dans laquelle nous évoluons est déjà empreinte d’une exigence dévorante, constamment à l’affût de résultats et de performances. Si, en plus de cela, nous nous astreignons à une rigueur excessive envers nous-mêmes, qui donc prendra la peine de nous accorder l’indulgence que nous méritons ? Nous nous plaçons ainsi dans une ornière néfaste, où chaque pas en avant est accueilli par une nouvelle demande d’excellence. 

Certes, lorsque nous nous fixons des objectifs, il est indispensable de faire preuve de discipline et de rigueur pour les atteindre. Mais nous devons prendre garde à ne pas sombrer dans un état d’exigence perpétuelle, comme si notre valeur dépendait uniquement de nos résultats et de notre performance. Nous pouvons envisager l’exigence comme un mode que nous activons à bon escient, mais il est tout aussi crucial de savoir le désactiver de temps à autre, pour accorder à notre esprit et à notre être un précieux instant de répit. 

Dans cette course effrénée vers l’excellence, il est essentiel de nous rappeler les enseignements des grands penseurs de l’histoire. Les philosophes nous rappellent que la quête de la perfection est souvent une chimère illusoire, nous invitant plutôt à embrasser l’imperfection inhérente à notre condition humaine. Ils nous rappellent que le véritable épanouissement réside dans l’acceptation de soi, dans la bienveillance envers nos propres imperfections et dans la reconnaissance de nos efforts, même s’ils ne mènent pas toujours à des résultats spectaculaires. 

En prenant conscience de notre tendance à nous imposer une pression excessive, nous pouvons commencer à nous libérer des chaînes de l’exigence démesurée. Apprenons à nous accorder des moments de douceur et de bienveillance envers nous-mêmes, où nous pourrons célébrer nos progrès, même modestes, et reconnaître la valeur de notre engagement et de notre persévérance. Ce n’est qu’en nous octroyant cette reconnaissance intérieure que nous pourrons véritablement savourer les fruits de nos efforts, indépendamment du regard des autres. 

Il est temps de reconsidérer notre relation à l’exigence, de la tempérer avec une dose de sagesse et d’humanité. N’oublions pas que derrière chaque réussite se cachent des erreurs, des essais infructueux et des moments de doute.  

Beauté de l’humanité ?

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J’allais à un séminaire à Lille dans les hauts de France. En raison de la grève, je n’ai pas pu avoir un train à un prix raisonnable, et j’étais aussi un peu fauchée… J’ai donc opté pour un bus. Le départ était prévu pour 12h30. J’avais 45min de trajet au total de chez moi à la gare. Je suis partie très tôt de chez moi,  à 11h, histoire de prévoir les imprévus. Mais comme par hasard, les transports avaient tous un problème ; malaise voyageur, incident technique ou tout simplement retard. Résultat : je me suis retrouvée en train de courir comme une folle entre deux transports, complètement paniquée et paumée. Je priais toutes les divinités que je connais, de Bouddha à Jésus, en passant par Zeus. (Chers stress et panique, vous m’avez bien eue ! Lol)

Finalement, après une course devant laquelle même Hussein Bolt se serait incliné, j’ai fini par rattraper mon bus qui était déjà en train de sortir de la gare. Je crié, sauté, gesticulé en agitant mes bras dans tous les sens, tout en remarquant à quel point les spectateurs étaient à la fois éberlués, tordus de rire et saisis de pitié. Le chauffeur s’est finalement arrêté, tordu lui de rire lui aussi.

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Ouf ! J’entre alors dans le bus, les places sont presque toutes occupées. Normal, c’est un jour de grève. Je repère une place, près d’une dame aux cheveux blonds et mi- longs, de petite de taille et à l’ossature forte. J’arrive devant elle, elle retourne sa tête de l’autre côté. J’ai même eu peur qu’elle attrape un torticolis. Vu qu’elle avait posé son sac sur le siège, je lui demande gentiment « bonjour madame, puis-je ? ». Elle me répond dans une logorrhée de français approximatif que je n’ai qu’à chercher une autre place, ajoutant qu’il n’y a pas que cette place-là. Je suis restée figée, je cru n’avoir pas bien bien entendu. Comme pour me faire comprendre qu’elle refuse de tout son être que je m’asseye à cette place, elle a posé sa veste et d’autres affaires au dessus de son sac qui était sur le siège. Et tous les passagers étaient… muets. Le conducteur a assisté à la scène, juste derrière moi, et il n’a pas dit un mot. Pire, il m’a dit de m’écarter du chemin parce qu’il voulait compter le nombre de passagers ! Et moi j’étais là, seule dans mon film, sidérée, figée, cherchant à comprendre ce qui venait de se passer.  Pauvre de moi…

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Un passager soudain saisi de pitié pour moi m’a « autorisée » (puisqu’il s’agissait finalement d’autorisation) à m’assoir sur le siège près de lui. Et une seule phrase m’est venue en tête et peut-être aussi aux lèvres : « et Dieu créa l’humain ».

Après un court moment de réflexion, le temps de digérer les choses, je me suis dit qu’il ne faut pas permettre à une personne désagréable et méprisante, qui semble être pleine de frustrations et de limitations (faut que je me lâche), d’oublier qu’il existe quand même de belles personnes dans ce monde.