Un vendredi soir, je rentrais d’une soirée salsa quelque part en île de France. Il faut souligner que la danse est une activité qui procure un plaisir aussi envoûtant qu’inouï… Dans le métro, je m’amusais comme d’hab à observer l’environnement autour de moi, et par ailleurs les micro-expressions des visages (chacun ses divertissements lol). J’ai aperçu une jeune femme singulièrement affalée sur un siège pas loin de moi. Je me disais alors qu’elle est peut-être soûle ou simplement fatiguée. Ce qui a davantage attiré mon attention c’est la présence, à environ un mètre d’elle, de deux jeunes hommes qui ne la quittaient pas des yeux.
Par inquiétude ou transposition de mes propres peurs, je me suis subtilement approchée d’elle et lui ai demandé si tout allait bien. Elle m’a répondu qu’elle est complètement dans les vapes et a l’impression qu’on a versé quelque chose dans son verre (elle parlait lentement et difficilement). Puis elle a ajouté qu’elle a des sensations d’étourdissement, de vertige et de fatigue. Lorsque je lui ai demandé si je peux contacter un membre de sa famille, elle s’est rendu compte qu’elle avait perdu son sac et toutes ses affaires. C’est à ce moment qu’elle s’est également rendu compte qu’elle avait de plus en plus du mal à se rappeler des événements précédents.
Tout à coup, les deux hommes se sont rapprochés et m’ont dit que tout allait bien, qu’ils « gèrent la situation ». Sauf qu’elle a attrapé ma main avec le peu de force qui lui restait. J’ai senti mon cœur battre tel des percussions de samba et batucada au Carnaval de Rio. Je n’avais que quelques secondes pour réfléchir et prendre une décision. Puis tout à coup, en levant les yeux j’ai aperçu l’inscription « signal d’alarme » sur un fond jaune (je ne l’avais jamais remarquée auparavant). Au-dessus, il y avait une poignée. Je l’ai regardée, j’ai regardé le monde qu’il y avait dans le métro, j’ai regardé le sol (sans voir), j’ai regardé la jeune femme, puis je me suis levée et je l’ai actionnée, la fameuse poignée. Je précise qu’après l’avoir tirée je suis rapidement revenue m’asseoir par peur des engueulades. Je n’y ai d’ailleurs pas échappé ; précaution inutile. Lorsque le métro s’est arrêté j’ai très vite fait d’aller à la rencontre du conducteur et pour lui expliquer la situation. Il a tout de suite appelé le 15 et nous avons bien expliqué la situation. En 5 minutes les équipes de secours étaient là et devinez quoi ? Les deux mecs avaient disparu !
Il y a des jours où on n’a rien à envier aux suspenses des films…
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